Archives de catégorie : Portrait

Un jour, un portrait : Cédric Lamballais

Mon grand-père, arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père étaient maréchaux-ferrants et forgerons. L’enclume, le charbon, le feu de la forge, le bruit du marteau battant le fer et l’odeur âcre de la fumée ont bercé mes souvenirs d’enfance.
J’ai commencé à forger avec mon grand-père lorsque j’avais 14-15 ans, de petites choses, mais qui m’ont permis de me familiariser avec la matière et les outils.

J’ai dû attendre de rentrer dans la vie active pour me rendre compte que le seul métier qui m’intéressait réellement et que je pourrais faire au quotidien était de travailler les métaux.
Aussi, je suis parti me former au centre AFPA du Havre en ferronnerie pendant un an et j’ai pu exercer mon métier au sein d’une entreprise pendant 3 ans, durant lesquels j’ai réalisé beaucoup de restaurations sur le bâti ancien.

Je suis passionné d’histoire, notamment médiévale (je suis membre de troupe depuis 12 ans) ce qui m’a amené à m’intéresser de près aux armes utilisées à cette époque qui étaient issues d’outils transformés en armes, mais aussi aux armes blanches (épées, rapières, dagues, haches et autres armes d’hast ou de choc) que j’ai appris à manier par le biais de l’escrime artistique pour mon plaisir personnel et aussi pour mes emplois saisonniers lorsque j’étais étudiant par la participation à de nombreux spectacles et encore récemment en juillet 2012 à l’opéra de Vichy.

Après 2 ans d’apprentissage en coutellerie afin d’acquérir un savoir-faire complémentaire au métier de la forge, j’ai travaillé durant 3 ans dans un atelier de coutellerie haut de gamme « L’Atelier Perceval » à Thiers.

L’ensemble de ce parcours m’amène aujourd’hui à atteindre mon objectif : Réaliser des ouvrages de taillanderie et de coutellerie.

Cedric_Lamballais

Un jour, un portrait : Gwenaëlle Hamon

Gwenaëlle Hamon est titulaire d’une thèse en Archéologie et Archéométrie (Rennes 1) et s’est spécialisée dans l’étude des premières céramiques du Néolithique sur le Massif armoricain. Elle effectue des analyses céramologiques pour de nombreuses institutions et intervient régulièrement dans le cadre de journées de médiation afin d’expliquer les gestes des premiers potiers.

Un jour, un portrait : Men Ha Houarn

Créée en 2006, Men Ha Houarn est une association loi 1901 rassemblant des passionnés d’archéologie : étudiants, chercheurs, professionnels et amateurs. Nous avons pour objectif de promouvoir les connaissances archéologiques auprès du grand public : faire découvrir les méthodes et les techniques de l’archéologie, diffuser les savoirs acquis grâce à la recherche archéologique et valoriser le patrimoine qui lui est associé.
Les membres de Men Ha Houarn sont des bénévoles investis dans cette mission de partage et de diffusion auprès du plus grand nombre.

Nos animations s’adressent particulièrement au jeune public. Nous intervenons dans les établissements scolaires : nous proposons des ateliers de médiation en archéologie pour les élèves, conçus pour apporter un complément à la fois ludique et pédagogique au programme d’enseignement. Tous nos projets sont élaborés en partenariat avec les enseignants.

Nous proposons également nos animations au grand public, dans le cadre de manifestations scientifiques et d’événements culturels, comme les Journées de l’Archéologie, le Festival des Sciences.

Pour cette première édition du Festival Archéologie Artisanat, nous proposons un atelier d’initiation à la fouille archéologique. Il s’agit d’une mise en situation pratique, à partir de deux sites de fouille factices reconstitués sur le site des Forges de Paimpont, afin d’appréhender les principes et les techniques de la fouille archéologique. L’atelier est accessible à partir de 8 ans. Le nombre de place est limité. Réservation conseillée.

Un jour, un portrait : Jérôme Colivet

Mon travail de potier est le résultat d’un chemin pris sans carte. Diverses rencontres m’ont emmené d’abord dans le monde de l’archéologie, puis dans celui de la céramique.

Lorsque j’étais étudiant en archéologie, j’ai découvert le monde de la poterie à l’occasion d’un stage universitaire en 2003, aux « journées de la céramique de Belesta » rassemblant archéologues et potiers.

La fabrication m’a d’abord laissé perplexe, mais la cuisson au bois m’a passionné. En revenant j’ai fabriqué avec des amis mon premier petit four et me suis mis à faire des pots.

J’ai obtenu ma maîtrise d’archéologie en 2005 (Approche expérimentale de la glaçure au plomb des céramiques médiévales). Le diplôme en poche, j’ai décidé de continuer plutôt dans l’artisanat.

Je me suis formé sur le tas, d’abord en modelage puis en tournage, écoutant les conseils de potiers que je pouvais rencontrer. Je me suis naturellement spécialisé dans la reproduction des poteries de l’Histoire.

Aujourd’hui, la plus grande partie de mon travail est la reproductions des poteries archéologiques de la préhistoire à l’époque moderne à l’exception des productions émaillées. Je produis des poteries en terre brute, polie et sigillées, cuites en plein feu ou en four à bois.

Je travaille pour des muséographies, du matériel d’animation pédagogique ou des projets de recherche universitaire. Pendant la saison je montre le métier de potier de différentes époques lors d’animations historiques.

Je réutilise et mélange également certains procédés de différentes époques pour une production de créations modernes, proposant ainsi des pièces originales. C’est autour des terres sigillées que se concentrent la plupart de mes recherches personnelles. Au delà du vaisselier, je réalise des pièces luminaires, sonores, décoratives et tout un petit monde à découvrir…

Un jour, un portrait : Héloïse Audry

Héloïse est potière et enlumineuse depuis 1999. Elle réside à la Chapelle de Brain (35) près de Redon.

Héloïse réalise des reproductions de poteries médiévales d’après des modèles retrouvés en fouilles archéologiques. Chaque objet est sourcé et le travail s’effectue grâce à des dessins techniques, des photos ou les pots originaux.

Sur le festival, Héloïse proposera un atelier de décor sur carreaux de terre d’après les modèles du château de Suscinio (56).

Un jour, un portrait : Simon Pellequer, Charles Torres (West Side Team)

Simon Pellequer et Charles Torres sont deux forgerons-métallurgistes diplômés en archéologie et spécialisés dans la reproduction d’objets archéologiques et l’animation historique. Réunis au sein de la West Side Team, ils travaillent ensemble sur les techniques anciennes de réduction de minerai de fer en bas fourneau et de forge du métal obtenu.

Ils collaborent avec des archéologues de terrain, des archéomètres, des musées et centres archéologiques pour des expérimentations, des animations ou encore la reproduction d’objets découverts en fouille.

Un jour, un portrait : Marie-Pierre Puybaret

Je suis devenue tisserande avec le souhait d’en faire mon métier c’est-à-dire d’en vivre, en liant le plaisir à l’utile. Ayant appris à tisser au Lycée, vers l’âge de 15-16 ans, j’ai réalisé très tôt des commandes pour mes ami(e)s les plus proches. J’ai pratiqué et étudié les arts plastiques et suis allée « apprendre sur le tas » mon futur métier chez trois tisserands différents durant deux années pour poursuivre jusqu’en Finlande 3 mois à l’Université d’Helsinki ; puis boursière de la SEMA (1979 – 80), j’ai complété ma formation vers la création textile pour l’industrie (avant que les ordinateurs n’arrivent) à l’Atelier National d’Art Textile à Paris. Ressentant très tôt la valeur du langage textile commun à la plupart des peuples, j’ai voyagé à travers les livres, jusqu’à approcher le monde de l’archéologie, de l’histoire des tissus, leurs origines, cette fois à la demande de sites et musées archéologiques en France…

Ces gestes acquis tôt, répétés maintes fois, enseignés et imprégnés en moi, me rapprochent de tous ceux dont c’est le métier à travers les continents, au-delà de la parole. Et donc sans autre langage que diriger souplement et fermement les fils pour les composer en tissu, je me suis trouvée immergée auprès de nos « lointains ancêtres absents » afin de reconstituer leurs tissus, comprenant ainsi mieux les balbutiements des nôtres. Mes amis archéologues me présentant le résultat de leurs fouilles, j’ai cherché les fils, les teintures possibles pour les colorer afin d’approcher au plus près ces vestiges textiles ; quels étaient leurs métiers à tisser et comment les utiliser, à la simple observation des outils retrouvés et des tissus eux-mêmes riches d’informations, et avec une bonne dose d’intuition. Tout ceci, très vite, au contact d’un public presqu’omniprésent, au sein de sites et musées archéologiques, d’écoles, non pas dans un laboratoire isolé, mais au contact de personnes, de beaucoup d’enfants, en attente d’explications de ces gestes à peine retrouvés avec des mots adaptés, leur dévoilant ainsi un patrimoine jusqu’ici insoupçonné…

Ainsi des tuniques de Sion (Suisse) du Néolithique final (2500 ans av. J.-C.) aux vêtements mérovingiens, en passant par les capes et tuniques de laine brune de l’âge du Bronze danois, les braies gauloises, le tissu losangé en lin précieux de la Dame de Vix, … j’ai voyagé à travers notre vieille Europe, cette fois dans le temps. Malgré l’immense lenteur de ce travail, je prends toujours autant de plaisir à refaire ces gestes, émerveillée par l’ingéniosité de ces premiers tisserands, par la logique et l’efficacité de leur chaîne opératoire, leur capacité d’abstraction, leur vision de l’espace et du temps passé au service d’un objet très concret que pouvait être un tissu ou un vêtement. Ceci avec les moyens simples qui étaient les leurs, issus de la nature et de rien d’autre, montrant une fois de plus leur capacité d’observation et d’adaptation, leur patience et leur réel talent au vu du résultat obtenu lorsque par chance il nous est parvenu. À regarder de près, tisser il y a 4000 ans relevait du même génie que celui des premiers informaticiens ou du tailleur de bifaces beaucoup plus tôt ! C’est cette même intelligence qui se déplace vers d’autres pôles, selon les besoins : de la survie souvent, et de la demande de la communauté des autres humains.

Je continue de former des personnes au tissage, en retransmettant largement, sur des durées allant de 2 jours à 6 mois voire plus… afin que la « chaîne » ne se coupe pas. Même si le non-tissé est sur le marché, entrecroiser des fils pour en faire un tissu appartient à la mémoire collective et celle-ci se doit de perdurer.

Je réalise des tissus sur commande pour des particuliers, des musées et des décorateurs d’intérieur.

Un jour, un portrait : John Serrat

J. Serrat a suivi une formation en restauration du Patrimoine et sculpture durant 7 mois avec l’organisme Eskem arz stumm à Saint Goazec (29). Depuis 2000, il pratique les techniques d’enduits terre auprès de particuliers dans le cadre de restauration du patrimoine ancien bâti, soit en réalisant lui-même ces enduits soit en accompagnant les auto-constructeurs. J. Serrat travaille également la pierre dans le cadre de reprise et de consolidation de murs anciens, ainsi que de restauration de jambages en pierre de taille.

Un jour, un portrait : Anne Raffin

Il était une fois une passionnée de parfums et d’encens qui, la quarantaine venue, s’est dit que la vie était trop courte pour passer à côté de ses rêves et de ses envies…

Et c’est comme ça que Anne Raffin a laissé derrière elle 18 ans de fonctionnariat pour franchir le pas, devenir fabricante d’encens et mener la vie de saltimbanque des artisans…

Passionnée par les parfums, les fumigations en particulier, par l’histoire aussi, elle a trouvé le moyen d’allier ses deux passions à travers la création et la réalisation d’encens… Et puisqu’il faut bien payer les factures, elle a fait le choix de la professionnalisation et propose ses créations sur les foires, les marchés et autres lieux de vente bien famés.

Comme elle ne fait rien à moitié, elle a suivi plusieurs formations, en aromathérapie, en cosmétique végétale, et en phytothérapie. En curieuse insatiable, elle a fait son miel des recherches menées en histoire, en archéologie, en ethno-botanique pour nourrir sa passion des encens et des civilisations.

Exigeante, elle a refusé les compromis et les propositions de délocalisation pour la fabrication des encens : elle mène seule la création des parfums, la fabrication des encens et même le petit sceau de cire qui orne les boites est de sa main !

Installée en Centre Bretagne, elle choisit avec soin les plantes, les épices et les résines qui entrent dans ses compositions, recherchant toujours les produits les plus en adéquation avec ses valeurs : du bio autant que possible !

Activiste et militante, elle partage volontiers ses connaissances au cours de stages, d’ateliers autour des encens, et fait de la pédagogie à longueur d’année sur tous les lieux de vente où elle passe, insistant sans relâche sur ce qui lui tient à coeur :

  • que le consommateur sache de quoi sont faits les encens qu’il utilise
  • que le consommateur sache ce qui se cache humainement derrière l’importation des encens

… Et c’est sans le vouloir qu’elle se trouve actuellement la seule fabricante d’encens artisanaux en France ! Et qu’elle se plait à faire découvrir un métier qu’elle a ré-inventé et qu’elle adore, comme vous l’aurez deviné !

Un jour, un portrait : Marie Josse

Marie Josse est tisserande et crée des étoffes pour l’habillement ou la décoration d’intérieur. Elle est membre du Syndicat Professionnel des Tisserands de Bretagne et de l’association Lin et Chanvre en Bretagne.

Outre le tissage, elle propose également des créations en laine feutrée, principalement pour des accessoires de costumes.

Elle participe à des événements historiques dans toute la France avec son Campement Textile de la fibre au tissu, pour montrer l’évolution des savoir-faire à travers les âges, et intervient également auprès des scolaires.

En novembre 2010, Au Fil des Envies… reçoit le Petit Coup de Cœur dans la catégorie Artisanat & Démonstrations au salon Fous d’histoire à Pontoise. Elle est également lauréate Envie d’Agir/Défi Jeune 2012.

Un jour, un portrait : Phaedra Bouvet

Phaedra Bouvet est docteur en archéologie (céramologue spécialiste des céramiques d’échanges instaurés entre l’Inde et l’Asie du Sud-Est à l’orée de l’ère chrétienne).

Sur des chantiers d’archéologie préventive, elle est également technicienne de fouille et de post-fouille (gestion du mobilier, inventaires, études d’objets…).

Animatrice/formatrice en archéologie et, beaucoup, en céramique du passé et du monde, elle est passionnée par le geste artisanal et participe à de nombreuses expérimentations archéologiques (céramique, métallurgie…).